L’avenir vient de loin...

S’agissant de Châteaubriant, l’histoire commence à Nantes, rue du roi Albert le lundi 20 octobre 1941, à 7h45, non loin de la cathédrale. Deux coups de feu sont tirés dans le dos d’un officier allemand qui s’écroule. Il n’était pas n’importe qui mais le Feldkommandant Karl Hotz, le plus haut gradé de l’armée d’occupation en poste dans la ville. On est étonné de la facilité avec laquelle les trois auteurs de cet attentat, dont Gilbert Brustlein, s’échappent. L’événement est d’importance en raison de ses graves conséquences pour la résistance difficilement mise en place au fil des mois en France. Afin de comprendre ces rudes combats, il est intéressant de remonter le temps ; c’est ce que proposait l’évocation historique faisant suite au solennel hommage public de ce 20 octobre 2013. Le spectacle écrit et dirigé par Claudine Merceron (du « Théâtre d’Ici ou d’Ailleurs », de Nantes) s’intitule « L’Avenir vient de loin »... Et nous voici transportés dans l’Allemagne des années 30. Hitler vient d’être élu... démocratiquement. Le pays traverse une profonde crise économique. Chômage et baisse du pouvoir d’achat frappent cruellement les plus démunis. Le Pouvoir, entre les mains des nazis, profite des peurs, attise les haines –celle de l’Étranger, celle du Juif. Des réticences s’expriment, elles sont sauvagement réprimées. Dès 1933, les premiers camps de concentration voient le jour, construits par les internés euxmêmes, tous des opposants au régime. Déjà, ici, on apprend et on entend le lied Die Moorsoldaten, le « Chant des Marais », en passe de devenir l’hymne pathétique de tous les Camps. L’extrême violence du régime nazi s’est d’abord portée contre des Allemands, communistes, socialistes, syndicalistes, libéraux, contre les Juifs ou les Tziganes, contre les homosexuels, les intellectuels, les artistes, contre les handicapés... Tous sont arrêtés, internés, torturés, déportés, assassinés. Les jours noirs de la seconde guerre mondiale ne tarderont pas. Leur effroyable bilan hante nos mémoires. « La bête immonde » serait-elle en train de renaître de ses cendres aujourd’hui ? Lue sur la scène et citée ici de mémoire, une lettre de Déporté réaffirme qu’il nous faut dire aux générations nouvelles que c’est surtout dans les moments de crise que surgissent les discours anti démocratiques, xénophobes, homophobes, racistes, antisémites... Un Programme de Résistance pour notre siècle est à mettre en place d’urgence. Les cérémonies du souvenir comme celles de cette fin de semaine en Pays de Loire, au cours de laquelle, avec Denise Bailly-Michels, nous avons déposé la gerbe de notre association, vont dans ce sens.

François René Doublet

Agenda
Gadji !

Le dimanche 2 juillet 2017, à 15h, à Rezé (44).

Une Petite Place

Samedi 11 mars 2017, 11h, Librairie L’Odyssée, Vallet (44).

Louise Coquelicot

Mardi 4 avril 2017, 14h, salle Paul Bouin, Basse-Goulaine (44).