Debout dans la brume

D’après la trilogie de Gérard Mordillat : Les vivants et les morts, Notre part des ténèbres, Rouge dans la brume.

Adaptation libre de Claudine Merceron, Elodie Retière-Henry, Martine Ritz

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Gérard Mordillat a écrit de magnifiques romans sur un fait de société devenu banal : une usine ferme, 400 emplois balayés. Les actionnaires américains l’ont décidé ainsi ! La raison financière l’emporte sur le souci des hommes. Mais, " quand on fouette le chien, se dresse le lion " !

Rudi, ouvrier chevronné, ne se fera pas poussière, Gisèle, la fille du patron, ne se fera pas avorter, Mademoiselle Poinseau ne se fera plus poinçonner, Lorquin CGT ne se fera pas oublier, Format le DRH ne se fera plus " actionner "….

L’argent révulse, l’argent fascine. On s’en méfie, mais on l’entasse. On le dénigre, mais on l’épargne…."L’argent pervertit l’homme" et les personnages de Mordillat n’y échappent pas.

De Chantal - dont le mari lutte pour sauver son emploi, et qui ne rêve que d’une vie consumériste -, à Serge, le contremaître qui cède à la prime, sans oublier Berhen, directeur financier, qui n’est qu’un pion pour l’actionnaire, tous sont piégés ! Pourtant, dans cette tempête, Rudi, Dallas, Carvin, Gisèle et Anna et d’autres refusent le naufrage.

Tour à tour révoltés, amoureux, heureux, indignés et désespérés, les destins de ces femmes et ces hommes s’emmêlent et nous touchent.

Face à la tempête qui se lève ici, l’énergie de vie et la dignité mènent la barque. Les émotions incarnent ici les idées, entre tragédie et comédie, légèreté et gravité, entre petite et grande Histoire.

Parti-pris de mise en scène et de jeu 

Dans le sillage de Mordillat et de ses romans, nous ne renonçons pas à faire des opprimés, les personnages centraux de cette aventure théâtrale. Tout comme lui, sans prétention et sans manichéisme, nous allons chercher à faire vibrer les spectateurs au rythme de ces « insoumis », par le prisme si particulier du théâtre. Car faut-il être économiste ou expert financier pour traiter ce sujet de société, pour comprendre que bénéfices et licenciements vont aujourd’hui de pair ? Gérard Mordillat, lui, ne le pense pas, et très sensiblement et très efficacement, il met le romanesque au service du déchiffrage de la mécanique des puissances de l’argent. De l’Antiquité à aujourd’hui, de Créon (Antigone de Sophocle) à Harpagon (l’Avare de Molière), le théâtre a toujours dénoncé que l’argent pervertit l’homme. Mais comment parler aujourd’hui de l’injustice sociale au théâtre ? Comment faire en sorte que la trajectoire d’un individu ait valeur de symbole et signifie l’ensemble et l’universalité des questions ? Tout comme nous, les personnages de cette histoire sont coincés entre les subprimes, le cours de la bourse, les frasques strausskaniennes et les affaires familiales des Bettencourt. Comment comprennent-ils la logique du système qui les licencie ? Comment redonnent-ils ou retrouvent-ils espoir ? Et nous, comment allons-nous trouver le bon équilibre entre tragédie et comédie, entre histoire individuelle et histoire collective, entre engagement artistique et engagement militant ? Comment allons-nous donner corps à ces idées, comment les faire vivre ?

C’est précisément notre pari.

Sur le plateau, les éléments naturels vont se déchaîner aussi violemment que le système financier mondialisé va écraser les protagonistes et les broyer.

Dans une exigence de stylisation du costume et de l’accessoire, les comédien(ne)s peuvent passer d’un personnage à un autre, en toute liberté, dans une gestuelle précise et « chorégraphiée ». Rien n’est laissé au hasard. La transformation, à vue, ou non, se fera au service de l’histoire. Toutefois, la stylisation des personnages, salariés ou patrons, ménagères ou actionnaires, les partis-pris de mise en scène, où la magie et les effets de surprise sont au rendez-vous, s’appuient d’abord sur la sincérité du jeu.

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Agenda
Gadji !

Le dimanche 2 juillet 2017, à 15h, à Rezé (44).

Une Petite Place

Samedi 11 mars 2017, 11h, Librairie L’Odyssée, Vallet (44).

Louise Coquelicot

Mardi 4 avril 2017, 14h, salle Paul Bouin, Basse-Goulaine (44).